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Le kimono, un art de géomètre


Élisabeth Busser

« Peintre de kimonos », c'est ainsi que se définit Kunihiko Moriguchi (né en 1941).


 

 L’artiste japonais, qui travaille avec compas, règle et équerres, a été nommé « trésor national vivant » en 2007, une distinction qui lui a été accordée pour avoir atteint l’excellence dans son domaine, le yuzen (art de la teinture, qui remonte au xviie siècle).

« De cadrages en cadrages, les carré, triangles et cercles se parlent et dessinent un ordre, caché au départ » affirme-t-il. Et il sait de quoi il parle : il est lui- même à l’origine du livre Réflexions mathématiques sur la pureté de l’eau de source (1987, Éditions Galerie Jeanne-Bucher-Jaeger) et ses créations s’inspirent presque exclusivement de géométrie. Tout en perpétuant la tradition de teinture yuzen, il a su renouveler cet art et lui donner des motifs que ne renierait pas l’op art. Dans un autre ouvrage, Trente études sur le vert (même éditeur, 1990), s’exprime toute la proximité de l’artiste avec les formes qui emplissent son œuvre, dont certaines pourraient faire l’objet d’un véritable problème de géométrie.

 

Un kimono nommé Pentagones écarlates

 

 

 

 

Vert 5 (1989),  yuzen  sur papier.