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L'Europe scientifique victime d'un faussaire

Edouard Thomas



Mystification à l'academie des sciences

J.P POIRIER
Le Pommier
2001

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En 1867, Michel Chasles est un géomètre réputé de 74 ans, membre de l’Institut et passionné d’histoire des sciences. C’est le 8 juillet de cette année qu’il va déclencher une immense polémique, qui durera jusqu’en 1870, enflammera les médias et passionnera les foules. Il présente en effet des lettres apparemment autographes de Pascal (1623–1662) énonçant les lois de l’attraction universelle avant Newton. Pire, le Britannique aurait simplement publié sous son nom les résultats que le Français lui transmettait dans leur correspondance. Le patriotisme et les réactions politiques aidant, l’Europe scientifique se déchire. À chaque objection qui lui est opposée, Chasles exhibe une lettre qui semble répondre exactement. L’idée d’une gigantesque mystification germe très vite, mais Chasles n’en démord pas. 
Il faudra de longs mois pour que l’escroquerie soit mise au jour. Le faussaire, Denis Vrain-Lucas, 52 ans, a fourni durant sept années vingt-sept mille lettres frauduleuses, que Chasles a payées cent quarante mille francs (une fortune !). Les chiffres donnent le vertige : comment Lucas a-til pu opérer ? Car ses productions sont d’excellente facture (papier vieilli artificiellement, encre préparée de manière à présenter une apparence très ancienne…) : « Nous avons essayé ses procédés, déclarent les experts lors du procès, mais nous sommes obligés d’avouer que nous n’avons pas réussi aussi bien que lui. » Les audiences ne dévoileront rien des méthodes de Lucas, ni d’éventuels complices, ni de ce qu’il fit de la fortune amassée. Les questions d’histoire des sciences, si elles sont souvent passionnantes, sont parfois aussi passionnées !



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