La difficile acceptation des mathématiciennes à Cambridge


Roger Mansuy

À Cambridge, des étudiantes telles que Sarah Woodhead, Charlotte Angas Scott ou Philippa Fawcett pouvaient passer les examens de mathématique de manière non officielle, sans obtenir de diplôme malgré leurs brillants résultats. Le vote de 1897 a même confirmé de façon fracassante cette impossibilité.

En janvier 2025, l’université de Cambridge a annoncé avoir recruté Hannah Fry, une mathématicienne devenue célèbre aux yeux d’un large public avec ses livres et ses nombreuses interventions de vulgarisation à la télévision et sur les réseaux sociaux. Fry inscrit alors son nom aux côtés de ceux d’Isaac Newton, Augustus de Morgan, Arthur Cayley, Bertrand Russell, Godfrey Harold Hardy ou plus récemment Michael Atiyah. On constate rapidement qu’il y a peu de femmes dans cette liste des cambridgiens qui se sont illustrés en mathématiques : la seule exception notable est Mary Cartwright (1900-1998), pionnière de la théorie du chaos. Ce déséquilibre en genre est assez significatif de l’histoire très contrariée des femmes dans cette université.

 

La fondation de Girton et Newnham

Reprenons l’histoire à grands traits. L’université est fondée au XIIIe siècle et sa structure reprend l’organisation en une quinzaine de colleges issue du monde médiéval. Si l’université impose aux colleges des modalités contrôlées pour les cours ou les examens, chacun recrute ses étudiants avec ses propres critères. Jusqu’au XIXe siècle, ceux-ci s’accordaient toutefois sur le principe de ne recruter que des jeunes hommes de confession anglicane. Avec les changements de la société qui accompagnent la révolution industrielle, les conditions d’accès évoluent progressivement ... Lire la suite

-->