Diagnostic : Les raisonnements médicaux


Adelin Albert et Jacques Bair

Les raisonnements mathématiques débouchent sur des certitudes, pour peu qu'ils respectent la logique et l'axiomatique, tandis que le plus compétent des médecins peut commettre une erreur dans son diagnostic. Comment expliquer cette différence ?

 
Un mathématicien, c'est bien connu, ne se trompe jamais … pour autant qu'il reste constamment dans la théorie étudiée et en respecte les règles.

Schématiquement, tout raisonnement mathématique peut se ramener à un simple syllogisme faisant intervenir deux propositions, à savoir l'hypothèse H, ensemble des informations que l'on suppose connues, et la thèse T que l'on cherche à démontrer : si l'on suppose vraies l'hypothèse H et l'implication de la thèse connaissant l'hypothèse (qui est notée ), alors la thèse T est également vraie.  

 

Du « certain » au « plausible » 

De manière schématique (voire caricaturale), on peut affirmer qu'un médecin, lorsqu'il pose un diagnostic, raisonne aussi en trois phases : 

1. Il observe chez son patient un symptôme S (par exemple, le malade tousse).

2. D'après ses connaissances médicales, il sait qu'une maladie M entraîne souvent le symptôme S observé (en poursuivant le même exemple, le docteur sait qu'une infection pulmonaire entraîne généralement la toux).

3. Il en conclut, de manière plausible, que le patient examiné a contracté la maladie M (sur le même exemple, le patient souffre ... Lire la suite